Auparavant le travail de Daniel Sygit mettait en scène l'Homme dans sa dimension insaisissable, évanescente. Il était une ombre à la fois seule, fantomatique, parfois souffrante, échappée d'une multiplicité scrupuleusement numérotée.

Sans nom, cet Homme apparaissait et disparaissait , happé par ce "quelque part" que, par définition, il ne peut habiter. Il fut "Nameless"… "Homeless", collé à des murs qui l'engloutirent et sur lesquels ne subsisteront que les graphies de son passage (expo et publication "Walls").

Si cet homme est, de facto, un "passant" comme le fut Rimbaud dont les chaussures firent  l'objet de plusieurs œuvres de l'artiste (collection particulière), il est aujourd'hui en attente dans d'immenses salles vitrées. Seul. 

 

Les fantômes ont désormais disparu. Ils ont laissé place à ces paysages ferroviaires minutieusement figés, vides et bitumineux. Espaces façonnés et refaçonnés de bout en bout,... pétris et repétris dans le moindre détail. Ces lieux nous échappent et nous sont familiers à la fois. Ils existent en creux dans nos mémoires...

Ces "non-lieux" font "traces".

Restent la nostalgie et la mélancolie de la banalité. Cette banalité que l'artiste entreprend de réhabiliter.

Ne nous y trompons pas, si ces perspectives inspirent le vertige c'est qu'elles mènent à nous-mêmes…

 

Daniel Sygit a exposé de Paris à Stockholm en passant par les musées de Lodz en 94 (Pologne), Odessa en 95 (Ukraine), Lougansk en 91 (Ukraine/Dombass) etc…

Diverses galeries abritèrent ses œuvres, Galerie L et Galerie Appart à Saint-Etienne, Galerie Les Singuliers à Paris, Galerie Michel Guinle à Lyon où il exposera à plusieurs reprises au cours des années 90 en compagnie de Pierre Pinoncelli, Espace Poisson d'Or à Lyon, Salon du Sud-Est à Lyon, Lycée Claude Fauriel à Saint-Etienne (Expo Pinoncelli/Sygit) etc…

                                                                                                               

  Galerie Twentytwo Lyon 2016